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 (mirela&tatiana) Notre vie commence à se terminer le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui nous importent

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Tatiana Pietru

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MessageSujet: (mirela&tatiana) Notre vie commence à se terminer le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui nous importent   Dim 27 Déc - 13:37

mirela & tatiana
Sensation exquise que d'être assise sur une petite terrasse, à prendre un bain de soleil. Il fait froid. Non, pas froid, juste frais. Mais le soleil réchauffe le visage pale de Tatiana. Ce visage tiré par la fatigue, par la peur. Elle s'est octroyée un moment de détente. Juste à siroter un café, sans être enfermée dans cette grande demeure. Elle est seule mais entourée d'une multitude de personnes qu'elle ne connait pas. Ils parlent une langue qui lui est inconnue - l'américain. Ils ne font pas attention à elle. Elle, une inconnue. Elle a prit un livre de la bibliothèque d'Andy avant de sortir, et elle le savoure. Un livre américain, un livre qu'elle essaye de déchiffrer. Situation ridicule qu'est la sienne. Une vie à être menacée par un homme, à devoir se plier à ses exigences. Vingt-quatre ans à traîner dans des réseaux, à ne connaître que ça. Douze ans à vendre son corps pour donner de l'argent à son paternel, pour qu'il soit fier d'elle. Soumise, Tatiana a toujours cédé aux moindres désirs de son père. Ce grand patron, celui que tous les Roumains magouilleurs respectaient. En soit, il était un homme détestable. Qui prostituerai sa propre fille ? La chaire de sa chaire, le sang de son sang. Et puis, à présent mort, le paternel n'a plus cette emprise sur elle. Mais un autre le remplace.

Tant de souvenirs, de questions traversent l'esprit de la jeune roumaine. Elle pensait que s'aérer la tête changerait quelque chose, foutaise. Et, dans un moment de lucidité, elle lève le regard. Elle détaille les personnes passant devant elle. Chacun occupé à rejoindre un autre endroit. Seul, ou à plusieurs. Les écouteurs dans les oreilles, au téléphone, parlant avec un ami, ou marchant juste. Certains ont l'air heureux, d'autres ont une mine triste. Parfois, elle n'arrive pas à percevoir ce que la personne peut ressentir, impassible. Comme Andy. Et puis, elle la voit. Cette chevelure brune, cette peau mâte. Cette démarche qu'elle reconnaîtrait entre toutes. Mirela. Alors, elle crie Mirela ! ça ne peut qu'être elle. Elle se lève, comme pour se montrer. Son coeur s'accélère. Une tête connue, une amie. Une soeur même. Et puis, la jeune femme se retourne. Et Tatiana ne s'est pas trompée. Elle sourit, et ne pense pas une seconde à l'excuse qu'elle devra donner. Pour son départ après la mort de son père. Parce qu'elle ne peut pas, Tatiana. Elle ne peut pas dire qu'elle a été kidnappée. Andy la tuerai pour ça. Et elle part rejoindre la brune, la prend dans ses bras. La sert contre elle. Démonstrative, Tatiana ne l'est jamais. Mais cette fois, c'est différent. Proches, elles le sont. Et l'ont toujours été. Depuis que Mirela a rejoint le réseau du père de Tatiana. Depuis que son père l'a quelque peu prise sous son aile. Elle fait partie de la famille. Tu m'as manqué. dit-elle comme un souffle dans leur langue natale. Elle n'ose pas la lâcher, elle a peur de se réveiller. Peur que ce soit un mirage, un rêve. Pardon. dit-elle après avoir desserrée son étreinte. Gênée.  
acidbrain
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Mirela Bobesko

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MessageSujet: Re: (mirela&tatiana) Notre vie commence à se terminer le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui nous importent   Dim 27 Déc - 15:44


- Moi, j’ai envie de croire aux contes de fées. Au moins, tout finit bien dans ces histoires là. -
« Je vais seulement faire des courses, je reviens vite. » qu'elle a laissé écrit en évidence sur la table du salon, parce qu'elle sait qu'au cas où il rentrerait avant elle, il s’inquiéterait de ne pas la trouver à l'hôtel, qu'il remuerait certainement ciel et terre pour s'assurer que personne n'est venu l'enlever. Mais personne n'a enlevé Mirela. Son sac sur le dos, elle vagabonde au milieu des rayons de la petite épicerie à l'angle de la rue, reste quelques instants surprise devant la composition de certains aliments, s'attarde devant les journaux et les gros titres qui font la presse nationale. A la caisse, l'homme en chemise violette la regarde du coin de l'oeil quand elle sort d'une enveloppe des billets qu'elle compte devant lui, sans prendre la peine de lui adresser la parole. Elle a le faciès de ces étrangers qui viennent voler dans les boutiques du quartiers, ça se voit, il le sait, il le sent. A tous les coups, elle n'est même pas d'ici, à tous les coups, ses billets sont des faux. Pourtant, quand il y jette un coup d'oeil par dessous la caisse, ils ressemblent à tout ceux qui lui remettent les autres clients. Et quand elle glisse ses achats dans son sac à dos, elle lui adresse même un sourire qu'il trouve joli. Ca lui noue le ventre. Mirela au milieu des autres ressemble à n'importe qui, et a elle, dieu seul sait combien ça lui plait !

Sortie de l'épicerie, elle choisit d'allonger son chemin, de faire un détour par le centre ville où elle aime se sentir noyée par la foule. Elle n'est plus l'enfant qui courrait dans la rue. Elle est devenue jeune et femme. Alors elle va au milieu des passants, quand son nom surgit à travers le bruit. Nombre de femmes portent les même prénoms, on croise pourtant rarement de Mirela au fin fond de l’Amérique. L'enfant se figé, troublée par l’intonation qui fait battre fort son cœur dans sa poitrine, comme un écho à son passé. Drôle de sensation. Alors elle tourne son visage, persuadée de se trouver là, seule et folle d'avoir cru qu'on s'adressait à elle. Et pourtant, debout à la terrasse d'un café, le fantôme la dévisage. Belle comme elle l'a toujours été, c'est la silhouette de Tatiana qui se dessine, fière malgré cette fragilité qu'on peut lire sur son visage porcelaine. Le ventre de Mirela se noue alors que ses yeux lui laissent croire un moment qu'elle va mourir là, noyer sous un millier de larmes. Mais elle ne pleur pas. Elle accueille le corps de son amie contre le sien, se laisse envelopper par la douceur de ses bras. Elle se sent fragile, bercée par cette âme-soeur, cette âme liée. Car elle n'a jamais eu de toute sur le fait que s'il était une personne sur terre qui lui était étroitement lié, ça ne pouvait être quelqu'un d'autre que Tatiana. « Pardon » qu'elle dit, ramenant Mirela au présent de la réalité. Elles sont là, au milieu des autres qui ne font pas attention à elle, et Mirela laisse échapper un rire cristallin. Elle voudrait lui demander pourquoi elle s'excuse, mais les mots ne sortent pas. Alors elle sourit, d'un sourire immense, et sort de sa poche un stylo et un calepin : « Pardon de quoi ? » Un instant, elle redresse le regard, hésite à la prendre a son tour dans ses bras, mais ça ne serait pas elle, elle ne s'y reconnaîtrait pas. Alors de nouveau elle s'empare du crayon : « Tu m'as terriblement manqué. Je ne pensais pas te retrouver ici. » A nouveau, elle rit, doucement, bercée par la douce chaleur du souvenir retrouvé.
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Tatiana Pietru

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MessageSujet: Re: (mirela&tatiana) Notre vie commence à se terminer le jour où nous devenons silencieux à propos des choses qui nous importent   Dim 27 Déc - 16:45

mirela & tatiana
Elle n'a pas changé. Son odeur est la même, son expression, sa façon d'être. Elle le voit, Tatiana. Mirela est la même personne qu'elle a quitté lorsqu'elle a été arrachée à leur terre natale. Et ça fait du bien. Soulagée de voir une tête connue, et surtout elle. Son amie, sa meilleure amie, sa soeur. Est-ce que Mirela avait suivi les traces de Tatiana et Andy ? Est-ce qu'elle était seule ? Tant de questions. Mais elle n'ose pas les poser. Elle a peur. Peur que son tyran la surprenne, peur que le Loup découvre que Mirela est là. Qu'est-ce qu'ils leur feraient ? Il serait capable de tuer son amie pour la faire taire, pour que personne ne sache où est Tatiana. Et peut-être que cette fois, il passerait à l'action avec elle. Peut-être qu'il appuierai sur la détente, cette fois-ci. Alors, au soulagement se mêle l'anxiété. Son bonheur s'inonde d'une vague de peur. Elle ne veut pas, Tatiana, qu'il arrive quelque chose à Mirela. Mais elle tente de masquer sa peur, elle sourit. Elle doit être actrice, se doit de montrer que tout va bien à sa soeur. Peut-être qu'elle y arrivera, à la bluffer. Celle qui la connait sans doute par coeur.
Elle lit son papier, après s'être détachée d'elle. D'être si expressive. Parce que, ce n'est pas dans ses habitudes. Normalement, Tatiana sourit et reste stoïque. Elle montre qu'elle est heureuse, même s'il ne s'agit que d'une façade. Mais elle a été élevée comme ça. Ne jamais montrer ses douleurs, ne jamais partager son bonheur. Marche ou crève, soit belle et tais-toi. Des expressions que son père utilisait souvent.
Elle lit le second papier de Mirela. Sourit, une seconde fois. Émet même un rire. Nerveux, certainement. Sur la planète entière, elles se retrouvent dans la même ville. Une preuve comme leurs âmes sont liées peut-être. Qu'est-ce qui t'amène ici d'ailleurs ? L'esquive. Ne pas dire pourquoi, elle, elle est ici. Pour éviter de lui mentir. Elle le verrai, Mirela, si Tatiana venait à mentir. Elle l'avait déjà vu auparavant. Lorsque Tatiana mentait à son père, lorsqu'elle lui disait n'avoir eu aucun client certains soirs. Juste parce qu'elle détestait souiller son corps pour lui. Et Mirela, elle entrait dans ses mensonges. Elle aidait Tatiana. Disant que c'était vrai, qu'en se promenant la nuit, elle n'avait vu que très peu de monde en ville. Elles s'aidaient, comme elle le pouvait. Elles n'étaient qu'enfants, elles le sont encore. Si fragiles, mais fortes à la fois.
Assieds-toi. dit-elle en montrant la chaise vide. Trop de temps à rattraper. Quelques semaines qu'elles ne se sont pas vues. Mais, pour Tatiana, une décennie s'est écoulée. Des semaines d'horreurs, des jours à être ligotée, puis libérée (délivrée !!). Libre, mais pas totalement. Parce que le tyran a un regard constant sur elle. Parce qu'il la traque. Il a peur qu'elle s'en aille, qu'elle dise à la police qui il est. Ou tout du moins, ce qu'il a fait. Mais elle, qu'est-ce qu'elle ferait sans lui. Il est son seul pilier à présent.
acidbrain
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